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Ali Anouzla, directeur de la version arabophone de Lakome.

Ali Anouzla, le directeur de la version arabophone du site d’information Lakome, est en garde de vue depuis mardi 17 septembre pour avoir diffusé une vidéo d’Aqmi. Ce journaliste, qui a révélé plusieurs affaires sensibles par le passé, a déjà eu maille à partir avec les autorités marocaines.

Mardi 17 septembre, au petit matin, Ali Anouzla est à son domicile de Rabat. Une vingtaine de policiers en civil débarquent, saisissent ordinateur, livres et documents et emmènent le directeur de la version arabophone de Lakome dans les locaux du site d’information. Sur place, les forces de l’ordre confisquent les disques durs des autres journalistes. Ali Anouzla, lui, est conduit au siège de la police judiciaire à Casablanca. Il y est placé en garde en vue, sur ordre du procureur général du roi qui avait auparavant annoncé, dans un communiqué, qu’un mandat d’arrêt avait été lancé à l’encontre du “responsable” de Lakome “suite à la diffusion par le journal électronique d’une vidéo attribuée à Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique, NDLR), comprenant un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes” au Maroc.

Intitulée “Maroc : le royaume de la corruption et du despotisme”, cette vidéo de 41 minutes avait été relayée le week-end précédent par Lakome. À travers un lien dans un article sur la version arabophone, et directement sur le site pour la version francophone. Dans les deux cas, la rédaction avait pris soin de mentionner qu’il s’agissait d’un document de propagande jihadiste.

Poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste, Ali Anouzla a été placé en garde en vue pour 96 heures, reconductible deux fois. Son avocate, Me Naïma Elgallaf, nous a indiqué que le procureur l’avait autorisée à rencontrer son client vendredi matin, “pour une durée maximale de trente minutes”.

Daniel Gate

À 49 ans, ce journaliste n’en est pas à son premier accroc avec les autorités marocaines. Au fil des ans et des rédactions par lesquelles il est passé – bureau marocain d’Al Sharq al Awsat, Al Massar, Al Jarida al Oula… -, il a révélé plusieurs informations sensibles. Certains articles, notamment sur le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) en 2008 ou la santé du roi Mohammed VI en 2009, lui ont valu des procès ou des auditions policières.

“Il a des sources très bien informées au sommet de l’État, dans l’entourage du roi”, décrit Ahmed Najim, rédacteur en chef du site d’information Goud.ma, qui a longtemps travaillé avec lui. Décrit par ses proches comme un homme calme, Anouzla est originaire de Guelmim, au Sahara. Un profil qui lui vaut d’être régulièrement taxé de porte-parole du Front Polisario par ses adversaires.

Fin 2010, le journaliste lance Lakome. En plein Printemps arabe, son ambition est de créer un site d’informations indépendant et engagé au Maroc. D’abord arabophone, Lakome se double un an plus tard d’une version francophone, aujourd’hui dirigée par Aboubakr Jamaï, un ancien du Journal Hebdomadaire.

“Ali a commis une erreur avec cette histoire d’Aqmi, parce que la loi antiterroriste est très claire dans ce genre de cas, analyse Ahmed Najim. Mais s’il a été interpellé, ce n’est pas uniquement à cause de cette vidéo…” Début août, Lakome s’était notamment distingué en révélant le “Daniel Gate”, l’affaire du pédophile espagnol Daniel Galván, gracié par erreur par le roi Mohammed VI. Un scoop signé Ali Anouzla, qui avait suscité une telle polémique autour du palais royal que la grâce avait été annulée et le pédophile à nouveau arrêté.

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