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Maroc: Les ONG dénoncent l’arrestation d’Ali Anouzla, Directeur de la publication de la version arabophone du journal en ligne “Lakome”

HuffPost Maghreb  |  Par Sarah Ben HamadiPublication: 19/09/2013 13h16 CEST  |  Mis à jour: 20/09/2013 10h08 CEST

Arrêté à Rabat dans la matinée du mardi 17 septembre, le journaliste marocain Ali Anouzla pourrait être jugé selon la loi antiterroriste, après la diffusion sur le site d’information Lakome d’une vidéo d’AQMI. Des journalistes et des militants des droits de l’Homme ont manifesté mercredi soir pour demander sa libération.

Dans un communiqué, la direction de Lakome raconte l’arrestation de son journaliste:

“Le mardi 17 septembre à 7:45 du matin, des agents de police ont appréhendé Ali Anouzla, co-fondateur de Lakome et directeur de publication de sa version arabophone Lakome.com. Après avoir perquisitionné son domicile et saisi son ordinateur portable, les agents de police l’ont conduit dans les locaux de Lakome où ils ont procédé à la saisie de 8 unités centrales. Dans la matinée du même jour, le procureur du roi auprès de la cour d’appel de Rabat publiait un communiqué dans lequel il informait l’opinion publique de sa décision de demander l’arrestation d’Ali Anouzla suite à la mise en ligne par Lakome d’une vidéo d’AQMI “incitant au terrorisme”.”

Le site d’information Lakome existe en deux versions, arabophone et francophone. Ali Anouzla est le directeur de publication du site arabophone, celle qui n’a pas publié la vidéo mais uniquement “le lien internet renvoyant au blog du journaliste d’El Pais Ignacio Cembrero, sur lequel se trouvait la vidéo en question” rappelle la direction dans son communiqué. La version francophone, a en revanche publié la vidéo. “Il est donc surprenant que le procureur du roi ait entamé une procédure contre Ali Anouzla sans en faire de même a l’encontre d’Aboubakr Jamai, unique responsable du site francophone”, soutient ce dernier qui se considère comme “seul responsable de la publication de la vidéo sur le site francophone de Lakome” et se dit être “à la disposition de la justice marocaine”.

La direction rappelle également que Lakome a présenté “la vidéo comme étant un acte de «propagande» et n’en fait à aucun moment une caractérisation positive.”

Connu pour ses prises de position critiques à l’encontre des institutions marocaines, Ali Anouzla est un journaliste qui dérange la monarchie. Il a déjà fait l’objet de poursuites judiciaires. “Nous craignons qu’Ali Anouzla soit en train d’être puni pour l’indépendance éditoriale de Lakome et ses critiques vis-vis de la politique gouvernementale”, a soutenu l’ONG Amnesty International.

“Nous exigeons la libération immédiate d’Ali Anouzla qui a publié cette vidéo dans un but purement informatif. Il est inadmissible qu’un journaliste soit poursuivi pour son travail d’information et que les ordinateurs de la rédaction de Lakome aient été saisis”, a déclaré de son côté Reporters Sans Frontières.

RSF rappelle également qu’Ali Anouzla, ancien directeur et rédacteur en chef du quotidien Al-Jarida Al-Oula,”avait été mis en examen en 2009 par le tribunal de Rabat suite à un article publié sur l’état de santé du roi citant une source médicale anonyme. Le parquet général l’avait alors poursuivi pour “délit de publication de fausses informations avec mauvaise intention, d’allégations et de faits mensongers”.

Moins solidaire, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a estimé que “la liberté d’expression doit être exercée dans le respect de l’éthique et en s’abstenant de diffuser tout ce qui peut inciter à la violence”.

La vidéo d’AQMI intitulée “Maroc : le royaume de la corruption et du despotisme” est d’une durée de 40 minutes. Elle a été diffusée sur YouTube le 12 septembre dernier avant d’être retirée par la plateforme de Google pour «non-respect des règles en matière de violence”. Elle appelait au djihad au Maroc.

Les autorités marocaines ont également annoncé des poursuites judiciaires contre le journal espagnol El Païs pour la diffusion de cette même vidéo.

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Demain, nous irons en pèlerinage, sur la terre des ancêtres de Ali Anouzla !

par 

Le sceau de l’infamie

Mardi 17 septembre 2013 restera gravé dans nos mémoires, comme un autre jour, frappé du sceau de l’infamie.

L’arrestation de notre confrère Ali Anouzla, au saut du lit, par une escouade d’agents de la brigade anti-terroriste, la perquisition de son domicile, puis des bureaux de LAKOMEet  la saisie des unités centrales de notre journal, confirment bien que le régime marocain refuse obstinément de se départir de ses méthodes de répression des libertés, contrairement à ce qu’osent encore affirmer ses défenseurs.

Si d’aventure, on devait ne retenir qu’une seule image de cette énième exaction, commise à l’encontre d’un seul homme, ce serait bien celle de son transfert, dans les locaux de la brigade de police judiciaire de Casablanca, supposée protéger les honnêtes gens, contre les criminels de tous bords. Un mélange des genres, insupportable qui distille l’idée puante que les monstres et les démocrates seraient apparentés et que la protection de la société passe inexorablement par celle de la tyrannie.

Et de savoir Ali « entrepris » par les mêmes tortionnaires ayant sévi, durant les années de plomb, gardé à vue, dans ces locaux qui ont vu torturer tant de nos démocrates ou encore de l’imaginer couché sur ce même bat-flanc, infectés du sang, des larmes, des soupirs et de l’agonie de tant d’entre eux, conforte le sentiment que nous vivons bien sous la même tyrannie qu’hier. Un «  Tyrannistan » qui puise ses racines dans la protection des bourreaux et des assassins et l’impunité des corrompus et des prédateurs, émargeant au trésor public et aux richesses de notre pays.

Le prix du courage

Ali paie aujourd’hui le prix de son courage. Un courage exceptionnel. Physique d’abord, avant d’être intellectuel. L’homme avait choisi d’exercer son métier, à un jet de pierre de la préfecture de police de Rabat, prenant ses repas, dans les mêmes cafés où se restaurait le gotha de la maréchaussée. Il avait catégoriquement refusé que l’on ébruite, dans la presse étrangère, ou auprès des instances internationales de protection des journalistes ou des droits de l’homme, les assiduités dont il faisait l’objet de la part du régime et de sa justice aux ordres. En patriote sincère, Il considérait tout cela comme affaire domestique et par pudeur ou modestie, comme affaires strictement personnelles. Ca ne s’invente pas.

Il paie au prix fort ses articles où l’intelligence le dispute à la pertinence et à la clairvoyance politiques. Les adeptes de la servitude volontaire et les inconditionnels de la sacralité ne lui ont jamais pardonné l’évocation pèle-mêle et chaque fois que l’actualité l’exigeait, du Sahara, du train de vie de la monarchie, de l’absentéisme royal, du « DanielGate », de la prétendue nouvelle constitution,  de la trahison des élites et de tous ces autres sujets qu’ils rêvent de passer sous silence.

Imputer à Ali l’ apologie du terrorisme relève de la même aberration que si les Etats-Unis s’en étaient pris à CNN, pour une improbable complicité, dans les attentats aériens des « Twin Towers », parce que la chaîne avait diffusé les vidéos de Ben Laden ou si la France avaient poursuivi France24BFMTV ou d’autres, pour leur implication dans l’invasion du Mali par les islamistes et les exactions criminelles qui ont suivi, parce qu’elles avaient diffusé les cassettes vidéos des terroristes appelant au Jihad.

El Païs, cet autre ennemi juré

Aux dernières nouvelles, le Maroc qui n’en finit plus de tutoyer le ridicule, compte poursuivre le journal espagnol « El Païs »,  pour diffusion de la même vidéo qui doit à Ali son emprisonnement. Preuve supplémentaire que le pays est devenu fou, livré aux mains de gouvernants qui, non contents de s’illustrer par leur incompétence désormais proverbiale, ont pour projet immédiat, de dilapider les deniers publics, comme ils ont pris le pli de le faire, en procédures pénales, avec le risque assuré d’essuyer un nouveau camouflet, qui nous couvrirait d’opprobre, aux yeux de la communauté internationale et particulièrement de l’Espagne. Un voisin, dont je rappelle que nous avons éclaboussé son chef de l’Etat,  il y a quelques semaines, lorsque nous avions, par excès de zèle et d’obséquiosité envers ce dernier, qui n’en demandait pas tant, libéré un dangereux pédophile et plusieurs autres criminels espagnols ! Il s’en est fallu de peu que Juan Carlos ne les ramène à Madrid, dans son propre avion. Il s’en est fallu de peu également queDaniel Galvan, le pédophile en question gracié par Mohammed VI, n’échappe définitivement à la justice, si Lakome n’avait donné l’alerte.

Nous en avons tous rêvé……..le Hamas l’a fait

Et dans l’aveuglement et le suivisme général qui caractérise tant nos institutions, Il ne s’est pas trouvé un seul juriste compétent, ni une seule voix discordante, pour attirer l’attention des responsables marocains qui comptent s’attaquer au journal espagnol, sur cette jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, datée du 2 octobre 2008, qui a libéré un certain Denis LEROY, caricaturiste occasionnel du journal politique de gauche « Ekaitza », et anti-américaniste confirmé, de l’accusation de complicité d’apologie du terrorisme. Une affaire qui avait commencé par un dessin de l’intéressé, le 11 septembre 2001, sur les attentats terroristes qui ont endeuillé la ville de New-York,  et qui se concluait par ces mots : « Nous en avons tous rêvé……..le Hamas l’a fait ».

Condamné une première fois le 8 janvier 2002, par le tribunal correctionnel de Bayonne, l’homme fut condamné à 1 500 euros et aux frais de procédure, assortis de la contrainte par corps, jugement confirmé, le 22 septembre 2002, par la cour d’appel de Pau. La cour de cassation ayant opposé une fin de non-recevoir, le caricaturiste s’était, alors, adressé à la Cour européenne, qui l’a libéré des charges qui pesaient sur lui.  Dans sa requête, le dessinateur dont le moins que l’on puisse dire est qu’il avait tout de même applaudi à un acte terroriste qui avait coûté environ trois mille morts,  alléguait entre autres affirmations que sa condamnation pour complicité d’apologie du terrorisme, portait atteinte à sa liberté d’expression  et d’opinion garantie par les articles 9 et 10 de la Convention et se plaignait de n’avoir pas eu droit à un procès équitable, devant la Cour de Cassation, en violation de l’article 6, alinéas 1 de la Convention.

Au Maroc, on est bien loin de cette conception des Droits de l’homme et l’histoire nous dira si notre pays osera pousser le ridicule, jusqu’à traîner en justice les autres médias internationaux qui ont osé publier la vidéo d’AQMI et les millions d’Anouzla que nous sommes qui avons osé la partager. Plus rien n’étonne, venant de Rabat !

«Les Cinq carbonisés d’Al Hoceïma » et les autres

Et puisque le parquet semble tout particulièrement exceller dans la célérité à s’en prendre à un journaliste dans l’exercice de ses fonctions et à communiquer à ce sujet, peut-être serait-il enfin, disposé à nous informer sur la suite qu’il a cru devoir donner  à l’enquête sur les « Cinq carbonisés d’Al Hoceïma »,  Jamal SalmiNabil JaafarJaouad BenkaddourSami El Bouazzaoui et Imad Oulkadi ? Cinq jeunes gens dont tout porte à croire qu’ils ont été torturés à mort, avant d’être jetés dans les flammes. Tout comme on livre à l’incinérateur des chiens enragés, après les avoir euthanasiés.

“Les Cinq carbonisés d’Al Hoceïma”

Peut-être le Procureur du roi consentirait-il également, à déférer devant les tribunaux, les assassins présumés des autres militants du « Mouvement du Vingt-février », Karim ChaibKamal AmmariMohamed Boudouroua et Kamal Hussaini et nous expliquer pour quelles obscures raisons, le Conseil des Oulémas, continue d’échapper à ce jour,  à toutes poursuites judiciaires, après sa fatwa, appelant à tuer les apostats et pourquoi Mustapha Ramid, représentant d’un parti islamiste au pouvoir, continue d’occuper le portefeuille de la Justice et des libertés, après avoir qualifié de lieu de débauche universellement réputé, la ville de Marrakech, risquant de livrer celle-ci à la vindicte éventuelle de quelques illuminés ou quelques obscurantistes ?

Chronique d’un pèlerinage annoncé  

Autant de dysfonctionnements et d’injustices qui n’ont guère dissuadé les suppôts de l’indéfendable, d’enfoncer une porte ouverte en s’en prenant à Ali, aux première heures de son arrestation. Cruauté supplémentaire inutile et chargée des relents pestilentiels de lâcheté. Elle sonne comme l’hallali, précédant la curée. S’acharner sur un homme à terre, particulièrement lorsque ce dernier est innocent  n’a jamais grandi personne. Mais rien qui étonne pour un pays dont les élites, à quelques rares exceptions près, ont préféré rendre les armes à la dictature et lui apporter aide et assistance, plutôt qu’aider les leurs à construire la démocratie dont ils rêvent.

Après la gauche, les islamistes de Sa majesté, oubliant ces promesses de lutter contre la corruption et la tyrannie qui les avaient propulsés au pouvoir s’improvisent, à leur tour,  bras séculier de la tyrannie, pour réduire au silence les voix discordantes de la liberté. Ali est assurément l’une d’entre elles. Je me souviens avoir évoqué avec lui et les autres, cette poignée d’amoureux de la liberté que sont les journalistes de Lakome, cet instant dont nous avions, tous, la quasi certitude qu’il arriverait.

–          « 3adia ! Rien que de plus normal ! » Avait-il répondu, avant d’ajouter, dans ce merveilleux sourire qui illumine si bien son visage et fait rire ses grands yeux noirs:

–          «  De tout ce que la tyrannie continue de m’infliger,  je ne retiens qu’une seule chose, le cadeau qu’elle m’a offert, de vous avoir rencontrés ! »

Mon Ami, mon merveilleux Ami, Ali, le plus beau des cadeaux,  serait que tu puisses un jour, vivre libre et en paix, dans ce pays que tu chéris par-dessus tout. Ce jour-là, ensemble, nous pourrons, enfin, dans la sérénité retrouvée, accomplir ce pèlerinage que tu m’as promis, sur la terre de tes ancêtres ! Ce sera sans doute, l’une des rares fois, où j’accepterai, avec un plaisir non dissimulé, de me laisser conduire là où,  je n’ai pas, moi-même, choisi d’aller !

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Maroc : Mohammed VI face à une nouvelle vague de contestation

 
L’arrestation du journaliste Ali Anouzla, inculpé pour avoir diffusé sur son site Lakome une vidéo d’AQMI, incitant à commettre des attentats au Maroc, a fait beaucoup de bruits au Maroc. Des centaines de manifestants sont descendus mercredi dans les rues de Casablanca pour réclamer sa libération.
 

« Liberté pour Ali Anouzla », « Arrestation abusive », « Vive le peuple ». Tels sont les slogans scandés par plus de cent manifestants qui se sont rassemblés mercredi à Casablanca pour dénoncer l’arrestation du journaliste Ali Anouzla. La manifestation s’est déroulée dans le calme, sans intervention de la police devant les locaux de la Police judiciaire de Casablanca, où le journaliste est en garde-à-vue. Ce dernier, directeur de la version arabophone du siteLakome, média indépendant, a été interpellé sur ordre du procureur général du roi, pour avoir diffusé sur le site une vidéo d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), incitant à commettre des attentats au Maroc.

Une initiative qui n’a pas du tout été au goût du Royaume chérifien, dont les souvenirs des attentats de Marrakech restent encore vifs. Et quand on sait que la vidéo d’une quarantaine de minutes est intitulée “Maroc : le royaume de la corruption et du despotisme”, critiquant sévèrement la monarchie, etvisant personnellement le roi Mohamed VI. Un de ses avocats d’Ali Anouzla, Me Naïma Guellaf, a confié à l’AFP, avoir obtenu l’autorisation de rencontrer son client. Selon lui, ce dernier pourrait être poursuivi dans le cadre d’une loi antiterroriste avant vendredi. De son côté, la rédaction de Lakome s’est dite consternée par cette interpellation, arguant avoir indiqué « dès le départ qu’il s’agissait d’une vidéo de propagande ». Ce n’est pas la première fois que le journaliste marocain, connu pour ses positions critiques à l’encontre du pouvoir, à affaire avec la justice de son pays. Il a déjà été poursuivi dans le passé.

Des ONG exigent la libération du journaliste

Plusieurs ONG de défense des droits de l’Homme, dont Reporters sans Frontières, Amnesty International, ont également condamné l’incarcération du journaliste, appelant à sa libération. Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une « atteinte inadmissible » au « travail d’information ». « Nous craignons qu’Ali Anouzla soit puni pour la ligne éditoriale indépendante et critique de Lakome », a affirmé pour sa part Amnesty International, précisant que cette arrestation « se déroule dans un contexte plus large de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des journalistes qui critiquent les autorités ».

Au Maroc, l’affaire fait actuellement la Une de tous les journaux. Elle fait aussi l’objet de vives discussions. De nombreux partis politiques ont condamnés Lakome, l’accusant de servir de tribune à AQMI. Pour le Mouvement populaire (MP), membre de la coalition gouvernementale, il s’agit d’une « pratique irresponsable qui n’a aucun lien avec le travail journalistique noble, mais épouse et colporte un discours terroriste ». De même, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi, a indiqué au journal Le Monde, que cette vidéo représentait « une incitation claire (. . . ) à la perpétration d’actes terroristes condamnés et refusés par toutes les composantes de la société marocaine ».

Malgré les nombreuses critiques à son encontre, Lakome a trouvé le moyen de diffuser la vidéo, en renvoyant un lien vers le site internet du journal espagnol El Pais, qui lui a consacré un article. Le gouvernement marocain a d’ores et déjà annoncé qu’il allait poursuivre le quotidien espagnol, exprimant sa préoccupation auprès de Madrid. Cette vidéo d’AQMI, qui inquiète Mohammed VI et l’empêche actuellement de dormir sur ses deux oreilles, pourrait bien provoquer une affaire d’Etat. Pour le moment, le roi Mohammed VI doit faire face, après l’affaire du pédophile Daniel Galvan, à une autre vague de contestation : celle des journalistes et d’une bonne partie de son peuple qui tient à la liberté de la presse marocaine. Surtout que d’autres manifestations sont encore prévues aujourd’hui, au Maroc, visant à obtenir la liberté du journaliste incarcéré sur ordre du procureur du roi.

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Moroccan editor arrested for doing his job

The Moroccan authorities arrested a news website editor, Ali Anouzla, on Tuesday (17 September) after he posted an article about a jihadist video, reports Human Rights Watch.

Police arrested Anouzla at his home in Rabat and seized computer hard drives from the office of the Arabic-language site Lakome.com.

The prosecutor who ordered Anouzla’s arrest said the video, which was attributed to al-Qaida in the Islamic Maghreb (AQIM), “contained a clear call and direct incitement to perpetrate acts of terrorism in Morocco.”

But Anouzla did not post the video – called “Morocco, kingdom of corruption and despotism” – nor link to it. Instead, his article contained a link to a blog post about the video that had previously appeared on the website of the Spanish daily newspaper El País. He was, in other words, doing his job as a journalist by reporting information.

Morocco’s justice ministry has announced that it will sue El País in Spainfor providing a link to the video, saying it onstituted incitement to commit terrorist acts in Morocco.

“Ali Anouzla, like journalists around the world, considers it his job to cover what al-Qaeda and its affiliates say and do,” said Joe Stork, the acting Middle East and north Africa HRW director.

“When authorities confuse reporting with endorsing, they scare off other journalists who are legitimately reporting on such movements.”

Source: HRW

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Ramid va-t-il faire arrêter le journaliste espagnol Ignacio Cembrero au Maroc ?

Ignacio Cembrero (Photo DR)

Ignacio Cembrero (Photo DR)

Le ministre marocain de l’injustice et du peu de libertés, El Mostafa Ramid, va-t-il ordonner à la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), dont il est le patron, l’arrestation du journaliste espagnol Ignacio Cembrero, correspondant pour le Maghreb du quotidien espagnol El Pais ?

Selon des sources dignes de foi, Cembrero devrait arriver aujourd’hui à l’aéroport de Casablanca. Il doir participer demain, 21 septembre 2013, à un colloque organisé par l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI), qui se tiendra à l’hôtel Ibis-Agdal de Rabat.

Pour rappel, Ignacio Cembrero est poursuivi pénalement en Espagne par le gouvernement marocain pour avoir diffusé sur son blog du quotidien El Pais une vidéo d’AQMI. Le gouvernement islamiste d’Abdelilah Benkirane (en fait ceux qui le manipulent…), considère que cette vidéo est « un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes » au Maroc.

Le journaliste Ali Anouzla, directeur du site arabophone Lakome, est en prison depuis mardi dernier, pour avoir publié un lien vers l’article de Cembrero. Il est sous le coup de la loi anti-terroriste.

Demain

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L’Boulevard, du show, du rap et #Free Anouzla!

h24info.ma / Publié le 20/09/2013 | 09h00 | Kaouthar Oudrhiri

Un spectateur sur scène avec le rappeur sénégalais Awadi

Un spectateur monte sur la scène lors de la prestation du rappeur sénégalais engagé Awadi pour demander la libération d’Ali Anouzla. ©Mehdy Mariouch

Pour l’ouverture de la 12e édition de L’Boulevard, il n’y avait pas grande foule, mais y’avait des militants, avec le héraut du rap africain engagé Didier Awadi, le rappeur casaoui SiSimo et un invité mystère qui a crié: “liberté pour Anouzla”! Reportage.

Les multiples barrières de sécurité franchies, les chiens (toujours de sécurité) esquivés, on arrive jusqu’à la scène. Devant, les photographes vantent les mérites de l’éclairage de la scène, les spectateurs reprennent en choeur les refrains avec Dj Key et les gars de la sécurité font naturellement la gueule: c’est l’ouverture du festival L’Boulevard, ce jeudi soir au COc de Casablanca.
 
SiSimo et les “kiliminis”
Costume sans manche bien clinquant et casquette vissée sur la tête, SiSimo arrive sur scène en dansant, à la manière d’un boys band. Le rappeur est frais, bouge bien sur scène et sait canaliser l’attention de ses spectateurs. Il a, illico, mis tout le monde dans le bain.
 
Accompagné d’un invité masqué (qui se trouve être son frère) Sisimo a parlé des kiliminis et leur mamans «qui portent de mini-jupes à 45 ans», de la misère, de la censure et de la manipulation des médias marocains. Il a fait des big-ups à ceux qui habitent S’bata (ils étaient d’ailleurs en force) en particulier et aux casaouis en général et il a fait son Justin Timberlake, avec ses petits pas de dance – ce qui est rare chez les rappeurs.
 

L'esprit L'Boulevard is back!: ici avec le rappeur Khalid, frère de SiSimo.

L’esprit L’Boulevard is back!: ici avec le rappeur Ool Flow, frère de SiSimo. ©Mehdy Mariouch

“Pourquoi vous ne prenez pas de photos, vous êtes là pour travailler!”
Bref on était dans le mood, jusqu’à ce qu’un gars de l’organisation pointe le bout de son nez et manque ruiner la soirée. Un regard inquisiteur et des questions qui n’ont pas lieu d’être posées: «vous êtes de la presse? Vous avez des badges? Pourquoi vous ne prenez pas de photos, vous êtes là pour travailler!». Sans commentaires.
 
La rentrée sur scène de Didier Awadi et son excellent groupe a dissipé l’orage et les esprits se sont calmés. Par contre, la scène s’est terriblement  vidée, seules quelques rares personnes sont restées sur place pour apprécier la meilleure partie de la soirée. Le rappeur sénégalais réputé pour son activisme a livré une bouillonnante et militante prestation, il a tout simplement mis le feu.  
 
#FreeAnouzla!
Awadi a rappé la révolution, le pouvoir africain, la vilité de la dictature et des coups d’états. Quand il a introduit un morceau sur la liberté, un spectateur, photo du journaliste Ali Anouzla et drapeau amazigh en main, a crié «liberté à Anouzla!».
 
Awadi a tout arrêté pour l’écouter, le jeune a alors expliqué la situation du rédacteur en chef du site d’information Lakome arrêté pour “apologie du terrorisme” après avoir publié une vidéo d’Aqmi. La sécurité et la police ont essayé de l’expulser: ça menaçait de dégénérer quand Momo, co-fondateur de L’Boulevard et Awadi sont intervenus, en invitant le jeune militant sur scène.
 
Ce dernier a simplement  résumé la situation en disant «ce n’est pas normal qu’un journaliste indépendant soit mis sous les verrous pour ses positions». C’était beau à voir. Puis la musique a repris de plus belle. Didier Awadi a tout donné et les spectateurs, quoique peu nombreux, aussi. Une super énergie planait au-dessus du stade du C.O.C.
 
Hier soir, L’boulevard était un boulevard de rap, une voie toute tracée qui nous a menée de Sisimo et sa “S’bata power” jusqu’à  Didier Awadi et sa verve militante.

 

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Je ne partage pas vos idées mais…

«Je ne partage pas vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer». Voltaire

Les autorités marocaines viennent d’arrêter le journaliste Ali Anouzla pour avoir publié sur le site de son journal En-ligne www.lakome.com, un lien d’une vidéo d’AQMI menaçant la sécurité du royaume, selon l’ordre d’arrestation. Les vraies raisons sont à chercher dans le rôle de ce site d’information indépendant, notamment dans l’affaire DanielGate. Ce pédophile espagnol multirécidiviste ayant abusé de 11 enfants marocains âgés de 2 à 15 ans, a été condamné à 30 ans de prison et finalement gracié par le roi lors de la fête du trône le 30 juillet dans un cafouillage qui a mis en lumière les pratiques de l’ombre, déguisées en raison d’état. Le journal Lakome a été le premier à dénoncer cette grâce honteuse et l’a couverte plusieurs semaines permettant à beaucoup d’internautes marocains de participer aux débats et de manifester dans la dignité et la solidarité avec les victimes, en dépit de la répression violente à Rabat le 2 août.

 

C’est cette voix courageuse qu’on veut faire taire maintenant. Enjeu, la dignité de tous les marocains quelles que soient leurs opinions, la liberté de la presse et le droit du citoyen (reconnu par la constitution) à interpeller les gouvernants, à dénoncer les dérives et à alerter sur ce qui se passe ailleurs pour nourrir le débat. En filigrane de cette arrestation, c’est le triomphe de méthodes quasi-mafieuses étouffant toute voix ou conscience gênante pour le système. On peut ne pas partager le point de vue d’un article ou éditorial de Lakome, mais sa contribution à s’attaquer aux tabous, à mener des enquêtes, à ouvrir le débat sur les sujets qui touchent toute la société marocaine, est d’une importance capitale dans l’avancée de la liberté d’expression au Maroc. Le cas de DanielGate est la parfaite illustration du rôle d’un journal tel LakomeAli Anouzla est certainement en train de payer ce courage doublé de dignité. Car, ses éditoriaux en plus d’être pertinents, sont empreints de dignité. Les marocains ont besoin surtout de respect et de dignité. Alors indignez-vous (disait Stéphane Hessel) face à cette arrestation car elle touche chacun de nous, sans exception.

Sachez aussi qu’indiquer un lien sur Youtube est une chose, partager le continu en est une autre. En pleine traque de Ben Laden, toutes les chaines internationales, y compris américaines ont diffusé ses déclarations et celles d’Al Zawahiri. Les chaines françaises ont diffusé récemment des vidéos de Mokhtar Ben El Mokhtar en plein campagne du Mali, appelant à déplacer le Jihad en France, sans qu’on y trouve à redire, sauf que cela fait partie du rôle d’informer.

Il est vrai qu’au Maroc informer ou même citer peut s’apparenter à une atteinte à la sûreté de l’Etat. On est en train de l’apprendre et Ali Anouzla de payer ce déficit démocratique et civilisationnel dans sa cellule.

Pensons d’abord à lui.

Dr. Ali Sbai, fonctionnaire international